Israël : Biden face aux démocrates

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La position de Joe Biden sur Israël, un sujet qu’il qualifie de « personnel », cristallise une fracture au sein du Parti démocrate. Entre les soutiens traditionnels à la relation privilégiée entre les États-Unis et Israël et la nouvelle vague de démocrates plaidant pour une approche plus équilibrée, le Président américain se trouve dans une position délicate. La récente escalade des tensions dans le conflit israélo-palestinien a mis en lumière ces divergences, mettant Biden sous pression de part et d’autre.

Historiquement, les États-Unis ont toujours entretenu une relation étroite avec Israël, fondée sur des valeurs partagées et des intérêts stratégiques. Joe Biden, avec une carrière politique s’étendant sur plusieurs décennies, a souvent manifesté son soutien indéfectible à l’État hébreu.

Cependant, l’évolution du discours au sein du Parti démocrate, notamment avec l’émergence d’une aile progressiste, met en lumière une fracture concernant la politique américaine envers Israël. Des figures comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez incarnent cette nouvelle vague démocrate qui appelle à une approche plus nuancée et équilibrée envers le conflit israélo-palestinien​​.

Un contraste qui se fait sentir à mesure que le conflit s’intensifie

Aaron David Miller, diplomate vétéran du Proche-Orient, souligne que Biden semble suivre davantage le modèle de Clinton que celui d’Obama en ce qui concerne Israël. Selon Miller, l’amour de Biden pour l’idée d’Israël et sa considération pour sa sécurité sont fermement ancrés dans son ADN politique et émotionnel, tout comme Clinton avait été profondément affecté par l’assassinat d’Itzhak Rabin en 1995​​. « L’amour de Biden pour l’idée d’Israël et sa considération pour sa sécurité sont fermement ancrés dans son ADN politique et émotionnel » affirme Miller

Ce contraste entre les démocrates traditionnels et progressistes sur la question israélienne s’est intensifié avec la récente escalade de violence entre Israël et la Palestine. Les critiques émanant de l’aile gauche du parti vis-à-vis de la réaction de Biden à ce conflit mettent en évidence une fracture grandissante qui pourrait avoir des implications sur la cohésion du parti et la politique étrangère américaine envers Israël et le Moyen-Orient.

Des positions divergentes qui ne surprennent pas Biden

La pression ne vient pas de nulle part. Depuis son entrée à la Maison Blanche, Joe Biden s‘attendait à ce que l’aile gauche du Parti démocrate, incarnée par des figures emblématiques comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, exprime des divergences sur sa politique envers Israël​​. Rashida Tlaib, démocrate progressiste du Michigan, figure parmi ceux qui ont conduit les membres plus traditionnels de son parti à critiquer la position de Biden envers Israël​​.

Cette évolution des attitudes ne se limite pas à quelques figures politiques. Selon un sondage Gallup, 53 % des démocrates sont désormais en faveur de davantage de pression sur Israël pour résoudre le conflit, contre 43 % en 2018 et 38 % dix ans auparavant​​.

La fracture idéologique au sein du Parti démocrate autour de la question israélienne ne s’arrête pas aux portes de la politique nationale et s’inscrit dans un contexte plus global, laissant entrevoir des implications majeures sur la scène internationale. La ligne traditionnelle de soutien indéfectible à Israël, incarnée par Joe Biden, se heurte à une vision renouvelée, portée par une aile progressiste en quête d’une approche plus équilibrée et juste vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.

« Les temps changent »

L’unité du Parti démocrate est mise à rude épreuve. Les voix dissidentes au sein du parti, emmenées par des figures telles que Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez, appellent à une réévaluation de la politique étrangère américaine, notamment au Moyen-Orient. William Ruger, un expert de l’Institut Charles Koch, suggère que cette fracture pourrait être le prélude à une politique moins interventionniste dans la région, bien que la résistance de la vieille garde démocrate et l’influence du lobby pro-israélien puissent freiner ces évolutions. « Les temps changent, et le Parti démocrate doit évoluer avec eux » souligne Ruger.

Un futur incertain pour les Etats-Unis

Sur la scène internationale, la posture américaine envers Israël a toujours été un baromètre des relations bilatérales, non seulement avec l’État hébreu, mais aussi avec le monde arabe et d’autres acteurs clés comme l’Iran. Un changement de cap, même minime, pourrait redéfinir le positionnement des États-Unis dans une région marquée par des décennies de tensions.

La question palestinienne reste, quant à elle, un sujet de discorde majeur. Les appels à une reconnaissance accrue des droits des Palestiniens se multiplient, reflétant une aspiration à une réévaluation de l’approche américaine du conflit israélo-palestinien.

Tandis que Joe Biden navigue dans ces eaux tumultueuses, les mois à venir seront révélateurs. Ils mettront en lumière la capacité du Parti démocrate à maintenir une ligne cohérente sur la scène internationale, et les évolutions possibles de la politique étrangère américaine envers le Moyen-Orient. Une chose est certaine, les remous actuels au sein du parti de Joe Biden dessinent un avenir incertain, tant pour les démocrates que pour la position des États-Unis sur l’échiquier international.

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